En quoi notre "liste" contribue-t-elle à (notre) de la formation professionnelle ?


par Patrick Robo

En quoi notre « liste » contribue-t-elle à (notre) de la formation professionnelle ?
Telle était la première des deux questions que je lançais il y a quelques mois sur notre liste via le NET… La deuxième étant :
Qu’est-ce qui est en jeu dans cette nouvelle démarche de formation professionnelle ?

Pourquoi ces questions ?

Tout simplement pour tenter de commencer à valider une hypothèse, à savoir l’aspect formateur de nos échanges. En effet, lorsque j’ai initié cette liste il y a environ deux ans, je l’avais nommée et pensée comme liste de mutualisation, pour permettre à des animateurs de groupes d’APP de mettre en commun des informations, des questions…

Chemin faisant il m’est apparu que le niveau des échanges dépassait cet objectif initial et que plutôt que de mutualisation il devenait question de formation ou plutôt de co-formation… Étais-je le seul à avoir ce ressenti ? Aujourd’hui je peux affirmer que non, et que cette liste est devenue un viatique de co-formation à distance.

La compilation (anonymée) des réponses reçues aux deux questions est là pour en donner confirmation.

En quoi notre « liste » contribue-t-elle à (notre) de la formation professionnelle ?  

(Chaque paragraphe est la réponse d’une personne)

« La liste permet des échanges de pratiques, des travaux d’analyse construits collectivement par la médiation de l’écrit ce qui permet de travailler sur un autre plan que nous le ferions oralement.
Nous avons le temps de la réflexion avant d’apporter une réponse ainsi que la possibilité de mettre à disposition du groupe des documents complétant la réflexion en cours dès que nous le jugeons utile. »

« Elle m’ouvre à une rencontre de pairs et experts (personnes pratiquant et ayant une expertise dans le domaine) en APP qu’actuellement je n’ai nulle part ailleurs.
Elle me sort d’un isolement parfois pesant et change mes représentations en m’offrant des points de vues et expériences autres que les miennes.
Elle est un lieu ressource immédiatement accessible quelque soit l’heure et très réactif (Il y a toujours quelqu’un en ligne…)
Elle met en route un questionnement très personnalisé qui pousse à toujours aller plus loin. C’est un moteur de réflexions en solitaire dans un groupe qui ne m’interrompt jamais quand je parle.
L’ouverture à d’autres pratiques, du nouveau que je n’aurais pas été cherché seule, à priori. »

« Pour moi la liste est l’occasion d’envisager d’autres approches que la mienne de l’APP.
Elle me fait me confronter à des façons différentes de percevoir la nature du travail, à ce que chacun pense de ce qui se travaille là ; je reprends les questions de Bernard dans le document transmis pour Lyon : l’objet du travail et les effets attendus.
Nécessité de s’interroger sur « le projet de formation » en APP sur la liste. Ce qui est différent ici ( par rapport à d’autres situations de fo. de fo. que l’on choisit à partir d’un pré-supposé théorique par exemple ) c’est la diversité des approches, qui vient interroger, par exemple, le « choix » qu’on a fait dans sa propre pratique professionnelle ( ce n’est pas la seule interrogation ). Par exemple, pourquoi me suis-je orienté à partir d’une théorie systémique, psychosociologique…, quel en est l’avantage selon moi et qui fait que je m’y tiens ? Ce choix de départ donne, à partir d’un dispositif semblable ou presque, des mises en oeuvre fort différentes.
Il est donc intéressant d’échanger, par exemple, sur les valeurs, sur le sens des mots qu’on utilise, sur l’évaluation que l’on fait… pour dépasser le niveau purement informatif mais entrer dans l’examen, avec sa dimension d’étonnement, d’incompréhension, de questionnement, de débat … »

« En ce qui me concerne, cela me permet d’élargir mon approche de ce qui se passe en séance , d’élargir mon système d’hypothèses en ce qui concerne l’engagement nuancé des stagiaires dans les séances, de mettre des mots sur mes propres attitudes d’animatrice, d’affiner mes animations en comprenant mieux ce que je peux moi-même induire à mon insu ; cela m’a par exemple permis de mieux accepter le silence en y posant grâce aux échanges un nouveau sens, cela compense aussi le manque institutionnel (ce que je ressens comme tel personnellement, en tout cas cette année où il y a eu peu de moment d’échanges entre les animateurs pour des raisons diverses pas toutes objectivables…selon moi… mais ce n’est qu’une opinion….). »

« Élargissement et enrichissement, partage, espace de confiance et de réalité sensible, il y a du « parler » vrai dans ces échanges, de la qualité aussi peut-être parce qu’ aucun « enjeu de pouvoir » n’existe entre nous, c’est un espace de liberté librement consenti, les règles sont souples et justes, il y a du respect aussi très net pour moi, il y a un affranchissement du temps, on lit et on répond à notre mesure même si certains sont plus présents que d’autres et que cela peut fluctuer d’un temps l’autre, il y a aussi selon moi la possibilité de se donner le temps de répondre ; il y a aussi le coté « help », les échanges biblio, les échanges d’écrits conçus ou lu (là j’ai un problème de maladresse pour aller chercher les dossiers que tu regroupes…)
Mon seul problème c’est que je ne formalise pas beaucoup, j’entame tout juste un travail plus de chercheuse je suis encore très formatrice et que du coup j’ai ce sentiment confus (et je m’en ressens confuse) de plus m’enrichir que de donner mais j’espère que ce sera davantage possible plus tard, voilà ce que j’avais envie de dire ce matin, petite contribution. »

« J’ai envie d’essayer de répondre en comparant la formation organisée pendant des stages R 1, 2, 3 ou sous forme de GFA, et la formation professionnelle par la fréquentation de la liste sur le net 

Différents champs

Liste FF GFAPP

Stages

Le temps (instant et durée)

Libre, choisi, pris sur du temps perso. permet d’aborder des sujets variés ; d’avoir plusieurs chantiers ouverts en même temps et de choisir son moment pour le faire

Limité et très organisé

Pas assez de temps pour que chacun s’essaie à l’animation ;

Phase méta pas assez exploitée.

Point positif : on est là parce-qu’on l’a choisi et tenus de travailler pendant ce temps institutionnel.

Les questions ou thèmes abordés

Variés, visités, abandonnés puis revisités par les colistiers de régions et professions différentes

Les thèmes sont choisis par le co-lisiers par rapport à leur expérience récente ou plus ancienne… et relancés par le coordonnateur ;

La grille de stage est proposée, pensée avant la rencontre… ;

Le nombre de cas exposés est forcément limité par le temps.

Pas assez de temps pour se rendre compte de l’importance de la phase méta.

Trop de choses à gérer en même temps !

La communication

Les co-listiers écrivent, ou pas, questionnent ou pas, apportent des références théoriques ou pas ; Chacun participe à sa façon !on est à la fois dans l’auto et la co-formation Ecriture courte ou longue ; questions, réponses, doutes témoignages…. Le silence est aussi une façon d’apprendre

C’est l’oral qui est utilisé pour exposer, pour animer ;L’écrit est utilisé mais pas comme outil de réflexivité. Seulement pour garder la mémoire de ce qui a été vécu et laisser trace…(Pour l’institution)

Quelquefois les participants à ces stages continuent de communiquer, mais c’est plutôt rare.

L’implication

Importante pour ceux qui écrivent …et pour les autres aussi sans doute, (ceci est une hypothèse)

Très différente d’une personne à l’autre, par rapport à l’ancienneté dans cette pratique, dans la conviction ou non des retombées sur les PE2, T1 et autres PE.. ;

L’intérêt de la formation

Lire/Ecrire pour se former, en partageant, en s’opposant en mutualisant.

En questionnant nos écrits !

Construire du « savoir analyser-savoir animer, du savoir devenir…

 Donner du sens à notre pratique de formateur !

 Devenir capable d’étayer notre pratique de référents théoriques pour une meilleure prise de distance.

Puiser de la force dans l’échange ! pour résister aux détracteurs

Faire prendre conscience aux formateurs qui n’ont jamais pratiqué, que l’on ne peut animer sans formation, malgré la pertinence du dispositif

 Devenir capable d’écrire un ouvrage à usage des novices et des autres…

Devenir capable de faire prendre conscience aux nouveaux de l’intérêt de l’APP et du transfert possible sur les pratiques de classe

Devenir de formateurs accompagnants

Parler/écouter

Questionner, se questionner

Répondre à la demande institutionnelle de formation à l’analyse des pratiques pour aider les entrants dans le métier !

Echanger : bibliographies, sitographies

En conclusion, pour moi, les stages (pas assez nombreux) ponctuels sont intéressants parce que l’on se rencontre physiquement, mais ils me laissent un sentiment d’inachevé à cause de la richesse de ce qui nous est proposé et de la frustration qui découle du manque de temps pour aller plus loin ensemble !
Le travail sur la liste permet : le libre choix des thèmes, du choix du moment des interventions, la richesse des questions, des réponses proposées, que l’on peut archiver et ré-interroger plus tard !!!
L’hétérogénéité des statuts et des compétences des différents listiers, et le travail remarquable du coordonnateur donne à ce style de formation un vrai caractère de formation CONTINUE !
L’extériorité me paraît également un merveilleux outil d’éclairage…
Plus on est virtuellement loin, plus la lumière est diffuse et plus la situation est éclairée et devient éclairante ! »

« Je ne sais pas si la liste participe à de la formation professionnelle ? mais certainement au développement professionnel. Derrière la notion de formation, je perçois un état de manque et un état de satiété, alors que notre liste soulève parfois des questions que je ne m’étais même pas posées ou dont je ne percevais même pas certaines dimensions. Pour moi, la notion de développement professionnel est bien plus large que la notion de formation professionnelle.
La liste apporte de l’écrit, je m’explique. Avant de répondre à une question ou même de formuler une question, je dois l’écrire et donc je dois la conceptualiser, lui donner une forme accomplie. Ceci est un avantage, car l’oral s’envole après quelques temps. Dans le cas de notre liste les paroles deviennent écrit et les réponses aussi. Je peux donc relire une question quelques mois plus tard et continuer à réfléchir. Tous les participants sont en permanence « présents ». Cela peut constituer un frein par moments car il faut plus de temps pour écrire (car il faut être précis dans son écriture, ne pas proposer une parole trop floue, comme nous ne sommes pas en direct, je ne pourrais pas apporter de clarification aussi aisément qu’à l’oral).
Par ailleurs, malgré un grand nombre de participants, chacun « s’écoute » (chacun lit les autres). On ne se coupe pas la parole. Chacun dispose du temps nécessaire pour développer « publiquement » sa pensée. Cette sérénité me permet d’aller beaucoup plus loin que lors d’autres occasions de développement professionnel, la passion (sous toutes ses formes) n’est pas invitée.
Cette liste permet par ailleurs à des personnes de niveaux, de formations, de parcours très différents de se rencontrer sur une thématique qui tient à coeur chacun. Je pense que pour les nouveaux (dans la profession, pas sur la liste) c’est un bon extraordinaire.
Certaines questions sont posées plusieurs fois, et ceux qui lisent les messages de la liste pourraient s’en lasser. Et la merveille est là. Je ne m’en lasse pas, je me rend compte que si cette question est posée autant de fois, c’est quelle recèle des dimensions non explorées ou qu’elle touche à l’identité même de l’animateur de séances d’analyse de pratiques. »

« – La formalisation écrite, nécessaire pour communiquer, et la confrontation d’approches diverses, favorisent la distanciation.
– Celui qui participe à cette démarche est amené à se centrer sur un objectif ciblé, tout en respectant le contexte, plutôt qu’à survoler des généralités.
– Cette démarche permet l’élargissement du champ de référence personnel ce qui représente une source d’enrichissement.
– Elle permet aussi de dépasser ses propres représentations, celles qui souvent privent de la lucidité nécessaire à la compréhension des enjeux, tout comme de se débarrasser de l’affectif.
– L’intervention écrite dans une discussion, parce qu’elle n’a pas l’immédiateté de l’intervention orale, favorise l’écoute de soi comme de l’autre.
Ces éléments ne sont-ils pas constitutifs des compétences professionnelles ? »

« La liste, par ses échanges, contribue à une mise à distance de mes pratiques d’animatrice, et de la façon dont je comprends l’APP. Elle me permet de les confronter, de les penser, au regard de pratiques autres, à la fois proches et différentes. »

« Le travail d’écriture sur nos propres expériences et à partir des écrits et expériences des autres participants sont autant d’occasion de mettre à distance nos pratiques et d’engager un travail de clarification, de confrontation d’idées, de points de vue et de conceptualisation.
Plus j’avance dans une expérience d’échanges et de travail à distance, plus je ressens l’intérêt du travail d’écriture qui est très différent que le travail oral en groupe, mais qui me parait aller bien au delà .
Avant de m’engager avec le groupe, j’avais posé la question à Patrick de la possibilité d’animer un GFAPP à distance. En tant que consultant formateur qui commence à développer des formations en ligne, j’anticipais que des modalités de travail à distance pourrait être envisagées avec certaines personnes en formation en alternance avec un travail en présentiel.
Patrick m’avait exprimé ses réserves, d’un point de vue méthodologique mais aussi sur le plan de l’animation, de la dynamique, de la régulation des échanges au sein du groupe. Je continue à me poser la question aujourd’hui et à penser qu’avec un groupe de formateurs un peu expérimenté, ce travail à distance, en complément de temps de formation présentiels, pourrait permettre des modalités de travail en groupe très riches, du fait du travail plus distancié et pour favoriser davantage le travail de conceptualisation. Qu’en pensez-vous ? »

« J’ ignore si la liste contribue à la formation professionnelle car cela sous-entend une sorte de projet de formation en APP qui serait commun aux contributeurs. J’imagine que cela pourrait être discuté lors de la rencontre des 10 et 11 juin. Par contre, la liste permet de mieux se rendre compte des approches et des sensibilités de chacun tant sur le plan des théories (Ardoino, Lévine, Robo, etc.) que des outils (place de l’oral, rôle de l’écrit, méthodologie, difficultés, etc.). Mais- de mon point de vue – assez peu de choses à propos des valeurs qui fondent cette approche ainsi que sur son évaluation (efficacité, utilité, bénéfices à moyen terme, etc.)
La liste nous permet d’être reliés à travers un même volonté de partage professionnel. Je pense qu’est en jeu le « désir ». Désir de progresser, d’échanger, d’apprendre par et à travers les autres.
Quels que soient nos origines, nos pratiques, nos expériences nous mutualisons (enfin certains plus que d’autres mais cela dépend très certainement du sujet abordé… et du temps de chacun…)
Formation professionnelle de par les nombreuses références théoriques mais aussi parce que les échanges sont basés sur du « vécu », de l' »expérientiel » …
Formation professionnelle aussi parce qu’elle oblige à un recul certain, le fait de contribuer demande d’analyser, de travailler l’écriture, c’est un « miroir professionnel ».
Formation professionnelle parce qu’elle développe l’empathie, l’écoute « de lecture ». »

« L’écrit est un outil pour penser. Les écrits de la liste permettent l’accompagnement réflexif.
La liste contribue à :
Entendre différents points de vue.
Mettre à distance ses pratiques, revenir sur sa pratique.
Se confronter à d’autres.
Se confronter à soi.
Développer l’empathie.
Développer des compétences de praticien-chercheur.
Se nourrir pour faire évoluer sa (ses) pratiques.
Permettre l’hétérogénéité (des lieux, des milieux, des connaissances, des « méthodes »… »

Qu’est-ce qui est en jeu dans cette nouvelle démarche de formation professionnelle ?

« Cette démarche de formation professionnelle me parait répondre au besoin d’élargir le champ de la réflexion au delà du groupe de travail local auquel nous appartenons. Localement, les références tendent à être limitées aux ressources disponibles, ces échanges permettent de s’ouvrir à d’autres références et d’autres pratiques. Je le vis comme une bouffée d’oxygène. »

« Le travail collaboratif sur une liste comme la nôtre suppose que les participants aient le souci de contribuer activement à la construction collective. Le pas à franchir est plus important que lors d’une réunion en présentiel car on n’est moins porté par le soutien du groupe plus lointain et on doit se risquer à l’écrit ce qui est plus difficile qu’une intervention orale. De plus, il faut être capable de gérer sa participation dans le temps et résister à la tentation de répondre plus tard (c’est à dire jamais). C’est la tout le problème de la formation à distance et de son insertion dans le mode de vie personnel. Je peux participer quand je veux, c’est une liberté qui peut ressembler à un abandon si l’on n’est pas assez autodéterminé et que l’on a besoin d’un cadre un peu contraignant pour passer à l’acte. »

« L’implication personnelle
Le temps que j’y passe hors temps de travail
La rencontre très élargie d’autres professionnels (pas seulement des personnes de l’académie, du pays…)
La création d’un réseau, groupe ressources
La parole libre. »

« Ce qui est en jeu, c’est le travail de « prise en compte » de ces autres façons de faire : lorsqu’on est « imbibé » d’une approche, on peut se fermer à ce que dit l’autre. La liste est l’occasion de me poser des questions sur ce que je pense en fonction des interventions, c’est aussi une incitation à clarifier ce que j’avance pour tenter de me faire comprendre ( = me redemander comment je dis les choses, ce que j’y mets derrière, me forcer à argumenter ). C’est aussi un apprentissage de l’écoute ou plutôt de la lecture : lorsque je lis un message de la liste, je me demande ce que je comprends, puisque, éventuellement, je vais répondre. En un mot c’est un outil de décentration. Et je compte bien sur le séminaire de Lyon pour entrer un peu plus dans cette affaire.
Il y a une dimension particulière à une telle liste : on lit les messages mais on est au bord de ce qui ailleurs est l’écoute puisqu’on peut répondre sur le champ, puisque ce qui s’écrit là n’est pas aussi clos que si on l’écrit ( dans un article, un livre par exemple, où le lecteur est une entité vague ). On peut questionner celui qui a écrit et d’ailleurs c’est là que ce travail a le plus d’intérêt pour moi : pour poser une question, il faut se décentrer un peu de ce qu’on pense soi habituellement. Et pour celui qui écrit, il prend le risque de ne pas être entendu. Il est intéressant de se demander pourquoi, par exemple, personne ne répond à tel message envoyé ! sans pour autant s’enfermer dans une réponse ; cela fait jouer pour soi des hypothèses. »

« Il y a accélération, dynamique, démultiplication au niveau de la formation, due au fait que les co-listiers, justement parce qu’ils ont répondu aux critères d’adhésion à la liste, ont une convergence d’idées. Ils sont convaincus, décidés à mutualiser, n’ont pas de réticences à balayer. Par ailleurs, ce sont tous des praticiens.
Au niveau de la formation, l’intérêt de chacun se confond avec l’intérêt collectif. »

« Véritable co-formation, et mutualisation des outils utilisés, elle demande une implication, une responsabilité, à la fois dans l’acte d’écriture, mais aussi dans la réception de ce qu’apporte chacun. Il y a passage de l’expérientiel à l’écrit, qui fixe des idées, pour un instant donné, mais en même temps à ne pas oublier, la variété des situations et des pratiques elles-même, pour ne pas penser cette mutualisation, en terme de transfert réappliquables tel quel, pour une situation différente.
Je la vois en même temps comme une élaboration très progressive qui s’enrichit au fur et à mesure des échanges, qui ne se clôt pas… et invite sans cesse à repenser l’APP, à redéfinir ses enjeux. »

« A travers nos échanges multiples, divers, voire épars quelquefois, c’est bien une démarche de partage, de confrontation et surtout de mutualisation des savoirs et des outils utilisés qui nous engage tous à notre rythme, à des moments différents et qui nous permet de réagir chacun à notre tour, sans la pression du groupe et la contrainte du temps. Le groupe et Patrick en tant que régulateur ont un effet d’émulation, ils stimulent r la richesse des échanges et facilitent l’autorégulation. Personnellement, cela me rassure et me stimule à la fois, car les différences de milieu, de public, me donnent l’occasion de me re-questionner sur mes propres situations vécues. »

« Ce qui en intéressant, c’est d’adopter la posture du praticien-chercheur. Beaucoup de notes, de documents, de premiers jets, de formulations d’incertitudes, de modélisations partielles, etc. Grâce à la mutualisation, chacun vient se nourrir pour progresser dans sa pratique en s’inspirant librement de celle des autres (et des apports du site).Le tout avec beaucoup d’humilité et de courtoisie.
Évidemment tout ceci fonctionne aussi parce que les collègues reconnaissent la légitimité du pilote … Patriiiiiiiiiiiiick!!!
Rompre l’isolement : je pratique comme bon nombre des colistiers l’analyse de pratiques. Il n’y a pas de soutien au soutien. le groupe apporte des éléments de réponses, des pistes à quelques situations parfois difficiles ou qui interrogent.
Former des animateurs vers une culture commune et un enrichissement mutuel.
Créer un groupe expérimental vers une autre approche de la formation professionnelle. Un travail tout au long de l’année avec des moments de regroupement ; (inscrit dans un séminaire national, ce serait le mieux…) qu’est ce qui pourrait être proposé par la suite pour enrichir cette nouvelle démarche professionnelle ?
Je me demande si nous pourrions faire un groupe d’APP par internet ? J’aimerais bien tenter l’expérience. »

« Une autre approche de la formation professionnelle.
Une démarche d’accompagnement.
La formation entre pairs.
La notion de compagnonnage.
Le partage.
La réunion quotidienne et non limité dans le temps de personnes partageant un projet commun, même dans des univers très différents.
Un « voyage » dans le temps et dans l’espace .
Créer une culture commune de l’APP.
Créer une culture commune de la formation professionnelle
Être praticien (garder son territoire) et devenir chercheur (avec d’autres en confrontant, interrogeant, réfléchissant…)
La mutualisation des savoirs sans les limites de temps qu’imposent souvent les formations.
La liberté de choisir son meilleur moment pour communiquer (on choisit quand on décide d’ouvrir ses mails).
L’abolition des frontières
Et, bien sûr, le « je » est en jeu. »

 

Texte présenté en juin 2004 dans le cadre du 1er séminaire GFAPP