Quelles compétences pour un animateur de groupe d'APP ?


Commpte rendu d’un travail en sous-groupe par Sephora Boucena

Echanges dans le sous-groupe en lien avec la question :
«Quelles compétences retenir des différentes interventions de la veille ?»

Ce que je retiens d’hier ce sont les dilemmes présentés par Francis ainsi que la communication de Philippe Meirieu. Une des compétences essentielle à retenir est celle de qui consiste à faire ses propres choix et à être capable de définir pourquoi on fait les choses.

Qu’est-ce que l’animateur défend ? Quelles sont ses valeurs ? etc.

Une notion à laquelle je suis sensible n’est autre que celle de la complexité : ne pas simplifier tout pour faire entrer dans des boites. Il faut maintenir la complexité à l’œuvre. Comment, par exemple, chacun utilise les temps de pause ?
Il est important d’accepter les différentes entrées des participants.
Mon cœur : parole + complexité
Notre liste : variété à ne pas réduire.

Ce qui me fait avancer, c’est d’avoir un contact par l’écriture. Les différences m’interrogent.

Une compétence est la capacité de faire émerger grâce à :
a)                 des savoirs (connaissances de dispositifs et d’outils d’entrée),
b)                 apports de connaissances comme points de repères.
Une autre compétence est celle d’animer en entendant le groupe.

Tenir compte de certaines données et s’interroger sur :
a)      Quel est ce groupe ?
b)      Quels sont ses besoins de construction professionnelle ?
c)      Avoir conscience des disjonctions entre les professeurs et les IUFM.

Ce que je retiens d’hier :
a)      Affirmer qu’on fait de l’APP en professionnels.
b)      Que les compétences peuvent être professionnelles sans être des compétences d’expert.
c)      Travailler sur ces compétences méta est un choix au bon moment.

Je retiens quelque chose qui n’a pas été développé.
Faire ses propres choix après avoir pris le temps de saisir quels sont les gens avec lesquels on travaille.
Quelle est la demande des participants ? Comment m’ajuster ?
Choisir à partir des demandes formulées par le groupe et ne pas travailler avec les groupes avec des choix prédéfinis.
Si un animateur ne se sent pas capable de répondre aux demandes du groupe, qu’il cède sa place alors à un autre animateur.

Etre capable de se libérer de ses modèles. Trop souvent on propose un dispositif sans tenir compte de ce que demande le groupe.

La compétence d’écoute peut se situer à trois niveaux :
a)       Ecouter l’individu (qui peut être en souffrance ou en demande à un moment donné) ;
b)      Ecouter le groupe ;
c)       Ecouter
C’est en écoutant chacun de ces niveaux que l’animateur sera à même de faire des choix en fonction des priorités identifiées.

C’est une compétence jamais acquise, qui est à travailler en permanence. Les différents dispositifs poursuivent des objectifs différents. C’est en fonction du groupe et de sa demande qu’il nous est possible d’utiliser plusieurs dispositifs.

Il ne faut pas oublier que l’institution freine cette écoute. En effet, à quel moment puis-je être en écoute, moi fonctionnaire. Je propose et les autres s’inscrivent.

On parle ici du groupe alors qu’en APP on parle de situations professionnelles.

Pour faire des choix il faut d’abord bien connaître chaque outil. J’ai personnellement des difficultés à utiliser des dispositifs différents.

C’est important d’être au clair avec les spécificités de chaque dispositif. C’est une ouverture possible en formation initiale, mais peut-être plus difficile avec les autres groupes ?

Pourquoi on le fait ? Il faudrait préciser les objectifs.

Accepter l’incertitude.

Compétences :
a)      gérer l’imprévu,
b)      réfléchir à notre rapport à l’erreur,
c)      se remettre en question.

Accepter le paradoxe de savoir gérer une double injonction, car animer des pairs ce n’est pas possible.

Etre capable d’accepter les contradictions et les considérer comme constructives.

Ecouter sans jugement.

Revenir sur des émois pour travailler sur notre contre-transfert pour qu’il devienne objet de travail (en individuel).

Des compétences qui existent mais n’ont pas été mentionnées comme recevoir l’émotion, écouter le silence, …

Encore une compétence à souligner : recentrer le groupe en permanence sur la tâche.

Une autre dimension qui n’a pas été soulignée concerne la dimension plus cognitive, le travail rationnel sur les descriptions pratiques. De quelles compétences s’agit-il ?
Quel genre de relances ?
Quelles contradictions faut-il relever ? Dans le cadre de l’explicitation et problématisation.

Ecoute – relance – centration sur la tâche – proposer tout le temps un retour à la tâche.

En termes d’identité, le groupe s’est déjà construit hier.

*

A la question : « Et après ? » deux pistes ont pu être ébauchées

Sur la liste – savoir questionner les autres – Qu’est-ce qu’ils mettent dans leur questionnement ?

S’interroger sur notre statut – En quoi l’institution influence-t-elle la pratique professionnelle ?

Synthèse des échanges

Les compétences ne sont jamais acquises, elles sont toujours à travailler.

Voici la liste des compétences recensées :

a)      Se questionner :        

Des questions d’ordre personnel :

  1. Pourquoi j’anime ?
  2. Pourquoi j’anime de l’APP ?
  3. Quelles sont mes valeurs ?

Des questions pédagogiques :

  1. Quels objectifs sont poursuivis à travers l’animation proposée ?
  2. Quel est le rapport à l’erreur ?

b)      Faire des choix

Des compétences techniques :

  1. Faire émerger.
  2. Entendre l’individu, le groupe, la dynamique du groupe en fonction des priorités.
  3. Faire le choix du bon moment pour la dimension méta.
  4. Ecouter sans jugements.
  5. Recentrer sur la tâche.
  6. Relancer.

Des postures :

  1. Maintenir la complexité.
  2. Etre ouvert aux différentes approches.
  3. Se libérer de ses modèles.
  4. Accepter ou gérer l’incertitude.
  5. Accepter la contradiction.

En fonction des savoirs

Maîtriser des outils et des dispositifs différents.

c)      Se positionner

  1. Affirmer qu’on fait de l’APP en professionnel.
  2. Affirmer qu’on peut être professionnel sans être un expert disciplinaire.
  3. S’inscrire ou non dans une institution.

 

Texte présenté en juin 2004 dans le cadre du 1er séminaire GFAPP