La formation de formateur à l'A.P. : hypothèses, constats et questions


par Jean-Pierre Lepage

 

Formation de formateurs proposée aux formateurs de l’IUFM de Lyon en 2003-2004


Dispositif :

2 jours de formation (un mercredi et un vendredi de la même semaine)

Objectifs :

Proposer quelques repères théoriques et méthodologiques sur l’objet «analyse de pratique»

Travailler quelques questions de base : les conditions de l’AP, le questionnement sur la pratique, les limites de l’AP.

«Encourager» les participants à se lancer dans une expérimentation réflexive de l’AP.

Ce module de deux jours (il est difficile d’envisager une durée plus longue) est associé à la mise en place de groupe d’analyse de pratique de formateurs.

Quelques hypothèses (personnelles) sur la formation de formateurs à l’analyse de pratique :

On peut difficilement se former à l’analyse de pratique sans se former par l’analyse de pratique.

Un des premiers apprentissages «pratiques» est sans doute celui sur le questionnement de la pratique (pour l’animateur et aussi pour le groupe).

Le passage de la posture de formateur à celle d’animateur de groupe d’AP ne va pas de soi (il présente l’avantage et l’inconvénient de faire travailler les deux postures qui, à mon sens, ne sont pas aussi disjointes qu’on le présente parfois).

La compétence, ou les compétences, à animer des séances d’AP se construisent dans une durée relativement longue.

Quelques constats à partir du travail de cette année :

Se former à l’AP rencontre un certain «succès» (2 modules de deux jours qui ont concerné à chaque fois une vingtaine de participants.

Se former par l’AP rencontre davantage de difficultés : sur les 3 groupes proposés un, proposé de type Balint, a du être annulé (2 participants à la première séance) les deux autres ont vite «fonctionné» avec 3, 4 participants.

Quelques questions

Si on envisage une formation «obligatoire» par l’analyse de pratique pour les stagiaires, peut-on l’envisager symétriquement obligatoire pour les formateurs ?

Tout le débat actuel sur la légitimité des différentes AP ne sert-il qu’à l’éviter sur le reste de la formation ?

Peut-on mettre l’AP à «toutes les sauces» ? Comment distinguer les visites formatives des visites certificatives pour que les premières soient proches des pratiques d’AP ?

Comment la formation à l’AP peut permettre de sortir un peu de tous ces dilemmes ?

 

Texte présenté en juin 2004 dans le cadre du 1er séminaire GFAPP