Le dispositif de Formation à l’APP dans l’académie de Besançon


par Anne Mansuy


1. Conditions du dispositif 

Visée :

Production de connaissances sur les pratiques (prise de conscience) permettant une évolution volontaire.

Ancrage théorique :

Logique d’intervention psychosociale (les pratique produisent un monde social qui est questionné). Formation des formateurs assurée par des intervenants liés au pôle universitaire de Besançon associé aux travaux de Claudine Blanchard-Laville et Dominique Fablet.

Objets sur les quelles portent la démarche :

La pratique du sujet dans son contexte y compris les échanges qu’ils développe dans son activité.

Spécificité de la méthodologie :

a.   Orientation générale :

Discours sur les pratiques en contexte et observation de pratiques recrées dans l’espace de formation.

Orientation descriptive puis compréhensive;

Éthique d’un groupe de parole : respect de la parole (et des silences), non jugement, écoute active.

Le groupe constitue un soutien qui aide à relativiser les difficultés, à les porter et un espace de créativité pour l’élaboration de réponses possibles aux questions posées.

b.  Animation :

Pas de recours à l’écrit sauf notes personnelles de l’animateur et des participants.

Rôle de l’animateur : se porter garant du cadre de travail (déontologie) et enrichir, élargir la réflexion par son questionnement, ses hypothèses de compréhension des situations travaillées et ses suggestions pour faire évoluer la situation.

Compétences de l’animateur :

Formation à l’écoute active, à l’analyse des systèmes, à la psychologie, à la sociologie, à la pédagogie…

La co-animation avec une personne possédant des compétences différentes permet d’élargir le champ des questions possibles.

c.  Protocole :

Démarrage :

1er temps : Accueil des personnes (utilisation du prénom) et présentation de la raison d’être de cette modalité de formation pour les enseignants (permet de travailler sur le savoir expérientiel et sur la dimension relationnelle du métier).

2ème temps : présentation de la méthodologie de travail (en trois temps : description, hypothèses de compréhension, pistes d’évolution) et de la déontologie requise par ce type de travail.

La méta-analyse n’est abordée que si une réaction d’un participant permet de l’initier.

Cadre pratique du dispositif :

Pour les titulaires première année : 18h réparties sur 3 à 6 séances.

Animateurs : formateurs rectorat du service de formation continue et enseignants de l’IUFM constituant un groupe de travail depuis la rentrée 2002, bénéficiant d’une supervision.


2. Évaluation des effets :

Le questionnement des participants se porte petit à petit vers des logiques à l’œuvre dans l’institution au delà de leur logique personnelle. La question de leur engagement dans une logique d’action collective se pose petit à petit (investissement du rôle d’acteur dans le système).

L’entraînement à l’analyse des situations professionnelles incite à remettre en cause les idées toutes faites et les habitudes.

Une évolution se fait sentir d’un sentiment de singularité personnelle (ce n’est pas pareil pour moi) à un sentiment d’appartenance à un groupe professionnel (nous pourrions…).

Quelques qualificatifs apparaissent à l’occasion de moment d’évaluation : éclairant, stimulant et enrichissant ainsi que le souhait de pouvoir continuer à bénéficier de ce type de formation.

 

Texte présenté en juin 2004 dans le cadre du 1er séminaire GFAPP